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Grand Popo: Ville balnéaire au potentiel inexploité

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La façade maritime de la ville de Grand-Popo lui donne les atouts d’une ville balnéaire. Mais la promotion du tourisme balnéaire dans cette ville n’est pas encore à l’ordre du jour, faute de volonté politique.

Lorsqu’on a connu la station balnéaire de Durban en Afrique du Sud, d’Izmir en Turquie ou encore de Saly au Sénégal, il y a de quoi rêver d’un meilleur sort pour la ville de Grand-Popo. Le Littoral longeant la route inter-Etat, du Carrefour Tourisme jusqu’à la frontière de Hillacondji offre une configuration et un potentiel identiques à ces plages aménagées, source de devises touristiques importantes pour les pays promoteurs. Grand-Popo par contre garde la triste mine d’une ville morte. Les 18 kilomètres de littoral couvert de sable marin peinent depuis des années à trouver des véritables investisseurs. Sur la côte, une dizaine d’hôtels sont éparpillés le long de la route inter-Etat, et offrent leurs services à quelques rares touristes, à des clients venus en week-end de Cotonou, ou lors du Nonvitcha, la fête tutélaire des populations Xwla.

«Grand-Popo est une ville touristique à valoriser. Nous sommes dans le tourisme de bout en bout. Et si nous avons décidé d’y investir, c’est parce que le site répond à notre vision», souligne Christiane Tossou, directrice générale de Cristal Tour, promotrice de Ganna Hotel à Grand-Popo depuis six ans. «Grand Popo est une ville balnéaire qui devrait vivre du tourisme, mais le tourisme n’y est pas du tout développé. La ville manque d’activités et la zone ne dispose pas d’assez de circuits touristiques. Lorsque les touristes débarquent chez nous, nous avons souvent peu d’endroits à leur montrer», ajoute Christelle Boisson, gérante de l’Hôtel Awalé. Lorsqu’en 1998, le promoteur de cet hôtel s’installait sur la côte, il n’y avait pratiquement rien en termes de promotion du tourisme dans la localité, se rappelle-t-elle. Mais l’installation timide des promoteurs hôteliers commence à améliorer le positionnement de la ville au plan international. «Nous avons un site internet et des dépliants que nous ventilons un peu partout pour faire connaitre notre hôtel et par ricochet la ville de Grand-Popo», confie-t-elle. Cette démarche de promotion se ressent davantage au niveau de la promotrice de Ganna Hôtel dont les activités couvrent plusieurs branches du tourisme. «Nous communiquons beaucoup sur ce que nous faisons et cela rejaillit positivement sur la ville de Grand-Popo. Vous allez constater que depuis un moment l’hôtellerie commence à s’y développer», assure-t-elle.

Promouvoir la destination Bénin

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Toutefois, Christiane Tossou estime qu’il est temps que l’Etat prenne la promotion du tourisme au sérieux. «Le Bénin ne vend pas du tout sa destination. Il faut vendre la destination Bénin pour attirer les touristes. Nous n’avons pas d’accompagnement de qui que ce soit. Aucune politique de financement du secteur n’existe», tonne la directrice générale de Cristal Tour. Pour Christiane Tossou, l’investissement dans les infrastructures est tout aussi capital, en l’occurrence l’aménagement des voies d’accès aux sites touristiques et aux hôtels. «Moi, j’avais demandé au ministère des Travaux publics de m’accompagner dans l’ouverture de la voie d’accès à mon hôtel, mais cela n’a rien donné. J’ai dû investir 9 millions pour la réaliser moi-même», déplore-t-elle, en rappelant que la ville est confrontée à une érosion côtière qui nécessite une action urgente de l’Etat. Les acteurs déplorent aussi une absence de fiscalité adaptée à leurs activités. «Je paie les mêmes impôts qu’une boulangerie de la place alors que mon hôtel emploie plus de 100 personnes et produit un chiffre d’affaires de plus de 90 millions», s’offusque Bouraïma Boukari, directeur général de Millenium Popo Beach à Agoué. Ce dernier demande que l’Etat offre des facilités aux promoteurs en plaçant par exemple la zone balnéaire de Grand Popo sous le régime de la zone franche. Cette solution semble pertinente à l’analyse de Christiane Tossou qui siège également au Conseil d’administration de la Route des pêches. «Le régime de zone franche couvre en réalité la Route des pêches qui est une zone aménagée par l’Etat. A Grand Popo, ce sont des privés qui disposent des terres en bordure de mer. Mais il est effectivement possible d’imaginer des formules à l’endroit des promoteurs hôteliers», commente-t-elle.

Faciliter les entrées

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La promotion du tourisme à Grand Popo constitue un enjeu pour les autorités communales. Mais faute de moyens, elles ont à tendance à baisser les bras. L’office du Tourisme créé, grâce à l’appui du ministère en charge du Tourisme, ne sert quasiment à rien. La structure n’emploie qu’un seul agent. Elle ne dispose pas de site internet, ni de budget de fonctionnement. «L’Office a été créé en 2012 et nous sommes confrontés à un problème de gestion entre la commune et le ministère. Cependant nous faisons de notre mieux pour faire connaitre les circuits touristiques de Grand Popo et partager de l’information avec les promoteurs hôteliers de la commune», tempère Messan Agonglovi, responsable de l’Office. «Les enjeux de la promotion du tourisme à Grand Popo dépassent les compétences de la mairie qui fait de son mieux pour nous accompagner et nous encourager. C’est l’Etat central qui doit prendre cette affaire en main », tranche Christiane Tossou. Tout comme Christelle Boisson, elle estime que le gouvernement doit agir sur des leviers importants qui déclenchent l’intérêt des touristes pour un pays. Les promoteurs évoquent notamment le prix des billets d’avion, la facilité dans l’obtention des visas, la formation des guides touristiques. «Nous avons un problème d’accueil et de formation de nos guides au Bénin. Vous allez sur l’île de Gorée au Sénégal, vous ne verrez pas grand-chose mais vous êtes impressionnés par la prestation des guides», raconte-t-elle. Et de conclure : «Nous avons tout pour réussir au Bénin. Il faut simplement de la volonté politique»

SOURCE:   de LA NATION

Ulvaeus BALOGOUN

Journaliste Multimédia, DIRECTEUR GENERAL

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