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Patrice TALON : « La Révision de la constitution m’est indispensable pour réformer notre modèle politique »

Patrice TALON, Président de la République du BENIN

Malgré le rejet de la recevabilité du projet de loi portant révision de la constitution, le Président Patrice TALON refuse de baisser de si tôt les bras. En voyage ce lundi 22 mai à Ahmedabad en Inde pour prendre part aux 52èmes Assemblées annuelles du groupe de la Banque africaine de développement (BAD), le Président Patrice TALON au détour d’un entretien accordé au journal Financial Afrik  revient sur son projet de révision constitutionnelle et affirme n’avoir pas laissé tombé cette entreprise.

Que devient votre projet de révision de la constitution ?

Malheureusement j’ai échoué là-dessus (rires). Il y a quelques semaines, j’ai présenté mon projet de révision de la constitution au parlement. Au Bénin, le vote parlementaire est préalable à toute forme de modification, même si c’est par voie référendaire. Soit la constitution est modifiée par voie parlementaire et il faut les 4/5e du parlement pour la modifier, ou par référendum. Mais avant d’aller au référendum, il faut que ¾ du parlement fasse d’abord un vote d’acceptation préalable, un vote de prise en considération. Notre parlement a 83 députés, il lui fallait 63 pour approuver le projet avant même qu’il ne soit examiné. Malheureusement, j’ai eu 60 députés, et le projet de révision n’a même pas été examiné. Ça n’a même pas été lu du tout.

En fait, ça a été un blocage politique. La démocratie fait que dans les pays, il y a toujours une opposition et parfois l’opposition a une attitude politique. Au Bénin, elle a une attitude politique, elle n’a pas cherché à regarder ce que nous proposons, il ne fallait pas que ça marche, il ne fallait pas que j’ai ce succès, etc. J’attends donc d’avoir une opportunité plus affirmée, des conditions les plus indiquées pour éventuellement reprendre cette bataille parce que la révision de la constitution m’est indispensable pour réformer notre modèle politique.

 Pourquoi un tel optimisme dans cette « bataille » ?

Juste parce que notre constitution a fait son temps, et elle contient beaucoup d’avatars. Je vais donner un exemple très simple. Vous avez une constitution qui consacre l’impunité. Au Bénin, il n’y a aucun moyen d’enquêter, ou de savoir ce qu’a fait un ministre pendant qu’il a été en fonction.  Encore moins de le juger. Vous avez été ministre il y a 10 ans, il y a 20 ans, vous n’êtes plus ministre, personne ne sait ce vous avez fait. Même si la chose est flagrante et tout le monde voit que vous avez agit contrairement à la bonne gestion, à la bonne règle, des choses répréhensibles et reprochables, il n’est même pas possible de vous questionner là-dessus, parce qu’il faut d’abord un double vote parlementaire. Il faut que le parlement autorise l’instruction, à 2/3 minimum. Après cette étape, même s’il y a une enquête qui prouve que vous avez été coupable de quelque-chose, il faut encore un deuxième vote parlementaire au 2/3 toujours pour que vous puissiez être poursuivis maintenant.

Autant de choses qui font que jamais au Bénin, on ne peut demander des comptes à un ancien gouvernant. C’est des choses qui ne sont pas du tout favorables à la bonne évolution d’un pays, parce que l’Afrique a besoin d’améliorer sa gouvernance. Et ne serait-ce que pour ça, il fallait impérativement réviser la constitution.

Ulvaeus BALOGOUN

Journaliste Multimédia, DIRECTEUR GENERAL

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